La Porte de Mars à Reims (Durocortorum) : du nouveau dans l’ancien ?

D’une opération de restauration à une relecture des premières sources…

Au moment où la P de M (MH depuis 18…)continue à faire l’objet d’une restauration en grande pompe pour rénover l’étanchéité du monument, la couronner d’une nouvelle architrave et regarder de plus près les restes de sa décoration (voir le panneau de chantier cliquable)- , quels éléments nouveaux peut-on tirer des deux textes les plus anciens, en latin, évoquant la « Porta Martis » ? celui écrit par Flodoard (HER vers 950) et celui du ou des auteurs anonymes de la Vie de saint Sixte, composé à des dates incertaines (IV-Xe s.) Comment comparer et utiliser ces deux textes ? Comment comparer la P de M, « la plus élevée » selon Flodoard, aux autres arcs rémois antiques, en particulier à celui de la porte Bazée, évoqué aussi par Flodoard et devenu le voisin immédiat de la rénovation complète du site du collège Université ?? En lire plus (ça sera cliquable + illustration : une photo du manuscrit Flodoard BM Carnegie ? ou autre plus parlante)

1-1 Comment en savoir plus facilement

Cette notice, réalisée par RN ?-FP-JJV, fait suite à celle (n°XX/date FL-JJV) proposant un résumé de la description et de la documentation sur la P de M (dont, en pdf, la notice de Fr. Lefebvre dans la CAG 51/Reims)+ celle Princes jeunesse, numero x
Pour le classement de la P de M en 18XX, grâce à P. Mérimée et N. Brunette au moment de la démolition du rempart, voir la notice n° XX N. Moine et l’Album de J.-J. Maquart (notice XX/date). SE Reporter à la fin
L’étude complète du rempart gallo-romain construit au IVe siècle et qui réutilise la Porte de Mars et les autres arcs ou portes antiques, a été publiée en 2004 dans le BSAC, Arch. Urb. 6, t. 97/4 par R.N. et S.S. et alii : « Civitas Remi etc… ».
La Ville de Reims a édité une petite brochure carrée de présentation du monument et de son chantier de restauration : Laissez-vous conter la porte de Mars, dans sa collection Villes et Pays d’art et d’histoire. XXX AUTRE DOC à la fin de la notice? voir aussi le détail de la documentation/ biblio : à la fin

1-2 Comment est généralement abordé l’étude de la Porte de Mars ?

Dans l’ensemble de la documentation, les 2 textes les + anciens mentionnant la « Porte de Mars » ne sont que cités partiellement et hors de leur contexte, ils ne sont pas analysés pour eux-mêmes et pour en tirer un maximum de données. En effet, les présentations et les études de la Porte et de son histoire sont, le plus souvent, centrées sur d’autres préoccupations :

– rechercher une date de construction du monument par le biais des méthodes comparatives de l’Histoire de l’Art au sujet de l’iconographie, du style de la Porte…
– mettre en avant son exceptionnelle dimension, en longueur, qui résumerait / pour résumer aujourd’hui la richesse et la puissance de Reims comme capitale de la province de Belgica à l’époque d’une « paix romaine » un peu floue. Témoignage architectural d’autant plus mis en avant/utilisable/ que 3 autres arcs ou portes, plus ou moins disparus, formaient, avec les vestiges visibles de la porte Bazée et selon une tradition historiographique remontant à Bergier, une encore plus exceptionnelle parure monumentale urbaine pour les entrée dans la capitale (ou plutôt dans son cœur civique et/ou dans un espace représentant celui de l’ancien oppidum rème…)
– situer la porte de Mars au nord de l’axe urbain majeur, le cardo maximus, sur lequel se trouve aussi la Porte Bazée, au sud. On met moins évidence que ce positionnement correspond à la sortie nord de l’oppidum des Rèmes et à une probable porte de cette première enceinte de la ville (-80) avant la conquête romaine et qu’en ce lieu l’axe romanisé a croisé le fossé gaulois. Même disparue, cette ancienne enceinte, naissance de la ville rème, est encore symbolisée par la Porte de Mars.XXXX C’est dans une vision globale du paysage urbain de Durocortorum , ville et campagne que l’ on peut mieux apprécier cette topographie significative de l’alliance rémo-romaine que la Porte de Mars représentait ; vision toujours XXX et encore aujourd’hui, si l’on prend bien en compte l’importance du carrefour routier terrestre de Durocortorum, nœud et de projection et de rassemblement = Réduire à 2 lignes/ supprimer
-constater le peu de place laissé à des fouilles archéologiques aux pieds et autour du monument, sauf un dégagement des ornières centrales pendant l’occupation allemande de 1940-44. Les études stylistiques sont plus faciles à réaliser malgré l’effacement progressif des reliefs et, aujourd’hui, il y a peu d’argent et peut-être peu de motivation et d’espoir de découverte, dans un lieu si modifié depuis le début du Moyen-Age…

Une question importante reste peu abordée :
quel espace, quel carrefour, quel monument ont pu exister à cet endroit avant l’édification de la Porte de Mars telle que nous la connaissons encore ?
Entre l’époque de la « Paix d’Auguste » (celle de l’Ara Pacis et de la grande inscription rémoise aux « Princes de la Jeunesse » et l’époque, pas si tranquille que ça, où est située l’édification de la Porte de Mars (succession de Marc Aurèle, décès de Lucius Verus, assassinat de Commode, nouvelle dynastie de Septime Sévère…) que se passait-il à cet endroit ? En gros, entre 0 et 200 après JC, cet espace serait-il resté vide ? Comment ce lieu a pu être occupé : édifice, culte, souvenirs de l’enceinte celtique, arcs de circonstance… Dans ce carrefour important de la ville gallo-romaine, une porte de Mars plus modeste a-t-elle précédé celle que nous connaissons aujourd’hui ?

1-3 Dans la suite de cette chaîne chronologique se placent les deux premiers textes latins qui évoquent la « Porta Martis » et qui méritent une analyse détaillée

Les « Actes de Saint-Sixte » racontent l’arrivée d’un premier évêque à Reims (vers 250, date généralement reconnue actuellement) et la christianisation de la Gaule Belgique malgré ou à cause de persécutions impériales à Rome mais ce texte est rédigé bien plus tard, vers 950… Le second texte se trouve au début d’ une Histoire de l’Eglise de Reims, écrite aussi vers 950, par Flodoard, éminent chanoine et diplomate rémois; il commence son Histoire en s’appuyant sur le grand passé romain de Durocortorum, qu’il connait par les textes antiques et aussi sur la présence de la Porte de Mars (porta martis,c’est la première mention : HER I,1) qu’il décrit en détail . Il veut ainsi expliquer l’ origine de la prépondérance de la métropole chrétienne de Reims, avant même le martyr de l’évêque Nicaise devant sa cathédrale (400) et le baptème par saint Remi de Clovis et des Francs (498…)

2 – Les Deux textes sur la Porte de Mars RN ? – FP –JJV

On commencera par analyser celui de Flodoard car il apporte plus de précisions et semble bien être un témoignage personnel, de visu, devant la Porte ; les Actes de Saint-Sixte racontent bien l’arrivée de cet évêque à Reims en passant devant la Porte de Mars dans les années 250 mais la création de ce récit et sa rédaction définitive ont pu s’étaler sur plusieurs siècles, peut-être même jusqu’à l’époque où Flodoard écrit l’histoire de l’église de Reims…

2-1 et Le texte de Flodoard dans HER : renseignements, sources, éditions

2-2 Le texte des Acta St-Sixte : idem

François Pinnelli et Jean-Jacques Valette, Rha avril 2018

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