“Le rêve inachevé de Narcisse Brunette”

C’est un article de Nicole Moine, Maître de Conférence honoraire qui a longtemps enseigné l’histoire ancienne à l’Université de Reims Champagne-Ardenne, au sujet des projets d’un musée archéologique à Reims que N. Brunette, architecte de la municipalité de Reims, espérait voir se réaliser dans les années 1840-1860. Cet article fait découvrir une étape de la longue histoire des musées de Reims alors que le projet du “Grand musée du Boulingrin” commence à se réaliser et occasionne des fouilles archéologiques préventives à proximité de l’arc de triomphe gallo-romain et de la porte de Mars de la fortification médiévale.

Grâce à cet article très détaillé, on connait mieux les débuts des musées de Reims et l’on entre dans l’environnement passionnant du patrimoine de Reims et dans le foisonnement de l’histoire urbaine et culturelle du XIXe siècle.
Les projets d’un musée archéologique que souhaite Narcisse Brunette se situent au moment des grands travaux d’urbanisme pour agrandir et moderniser la ville auxquels il prend part en tant qu’architecte de la municipalité de Reims : arasement des remparts, en particulier depuis la Vesle jusqu’au nouveau Boulingrin, dégagement de l’arc de triomphe de la Porte de Mars (voir l’article de N. Moine p. 421), découverte de la mosaïque des Promenades lors de l’aménagement des abords de la nouvelle gare de chemin de fer, nouveaux boulevards… Grands travaux qui se développent à Reims de la fin du règne de Louis-Philippe jusqu’au Second empire et la municipalité de E. Werlé, en passant par les crises de la Révolution de 1848 et les Ateliers municipaux et nationaux résorbant le chômage par des travaux d’utilité publiq ; grands travaux qui marquent toujours le paysage urbain quotidien de Reims aujourd’hui.

Lire/télécharger  l’article de Nicole Moine_[pdf]
in Anne-Marie Grange, Pernette Grandjean et Alain Reynaud (dir.), Les vertus de l’interdisciplinarité. Mélanges offerts à Marcel Bazin, Reims, N° spécial des Cahiers de l’IATEUR, 2009, page 409-423.

Le Musée Historique Saint-Remi conserve trois beaux et grands dessins d’architecte, aquarellés et intitulés “Projet de musée sur l’emplacement de la mosaïque” ; un plan d’un bâtiment adossé à un nouveau “boulevard du chemin de fer” (actuel boulevard Roederer) avec un vestibule tourné vers la ville (boulevard Foch) où la mosaïque mise au jour en 1860-61 est laissée en place (à l’emplacement de l’actuel monument semi-enterré des Martyrs de la Résistance) ; deux élévations du bâtiment projeté montrent le tombeau de Jovin et la stèle de Cernunos exposés dans ce musée de site à édifier…

Ces trois dessins du Musée Historique Saint-Remi sont très probablement en lien direct avec un projet de Narcisse Brunette (voir pp. 413-414 de l’article de Nicole Moine). Ils mériteraient d’être étudiés, publiés et leur image diffusée.
Dimensions : 80 x60 cm environ, signés : “H. Chevalier fils, élève architecte” et datés [incomplètement… 185...! ? ou 186... ?]
Cet élève architecte doit être celui que cite Charles Loriquet : “… premier rapport dressé par M. Chevalier, conducteur des travaux de la ville, délégué par M. l’architecte Brunette, pour partager, avec notre confrère M. Duquenelle, la surveillance des travaux.” p. 31 de sa publication en 1862 de : “La Mosaïque des promenades et autres trouvées à Reims. Étude sur les Mosaïques et sur les jeux de l’amphithéâtre”. Ouvrage que l’on trouve en ligne

Victor Duquénelle (1807-1883) est un pharmacien, numismate et collectionneur rémois d’antiquités, qui initia la souscription pour financer les fouilles de la mosaïque des Promenades fin 1860. Il léga son médailler et ses collections au musée de Reims, cf. de Nicole Moine et Thomas Morin, un autre article : “Heures et malheurs des collections archéologiques rémoises. Les inscriptions métalliques de Durocortorum” dans Mélanges académiques des Travaux de l’Académie de Reims 2011, 180e volume. Duquénelle, un des fondateurs de l’Académie nationale de Reims en 1842, participa aussi aux débats sur la conservation-restauration de l’arc antique (voir l’article de N. Moine sur les rôles de Duquénelle et Brunette dans ce sauvetage, pp.421-423).

Ce numéro spécial des Cahiers de l’IATEUR en hommage à Marcel Bazin ainsi que d’autres, en particulier celui sur “les urbanistes et le patrimoine” de 2002 sont consultables à la BM Carnegie et à la BU Robert de Sorbon, référencés aussi dans leur catalogue en ligne.

Notice terminée juin 2013 © Rha

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